Les contes de ma mère l’oie – Charles Perrault

Contes de ma mère l'oie

Mon avis

Avec Charles Perrault, c’est dans un monde fantastique et enchanté que l’on pénètre, où bonnes fées et princesses côtoient loup, ogre ou autres vilains… Ces Contes, on vous en a sûrement fait lecture lorsque vous étiez petits ou vous-mêmes les lisez peut-être désormais à vos enfants… D’ailleurs, ils n’ont plus de secrets pour vous ! Le petit Chaperon rouge et sa grand-mère sauvées par le bûcheron, Cendrillon et sa pantoufle de vair, le prince réveillant d’un baiser la Belle au bois dormant, tout ça vous le connaissez par coeur !! Sauf que… Ca n’est pas tout à fait du Perrault !

Ce très beau livre, illustré des planches et dessins qu’Harry Clarke conçut en 1922, est donc l’occasion de relire des contes dont nous conservons souvent, à travers la tradition populaire, une vision tronquée voire inexacte. On retrouve avec plaisir certaines des héro(ïne)s les plus connu(e)s tel(le)s que Peau d’âne, Cendrillon ou encore le Petit Poucet tandis que certains textes comme La patience de Griselidis ou Les souhaits ridicules, moins connus, se laissent agréablement découvrir. Petit bémol : la transposition des vers de certains contes en prose qui, si elle les rend plus accessibles, nous prive de leur aspect originel.

Destinés « à l’éducation des enfants », les textes, tous assortis d’une morale, ne manquent cependant ni de ludisme, ni d’humour (ne me dites pas que vous avez raté le passage où le prince charmant décide de ne pas faire remarquer à sa Belle au bois dormant qu’elle est, à son réveil, fringuée comme un grand-mère ?!) !

Néanmoins, sous la dorure du merveilleux, se cache une plume acérée qui ne se prive pas d’écorcher la société de son temps. Si l’ordre social et les convenances sont bien respectés notamment par l’illustration d’un peuple stupide incapable de décider sagement (Les souhaits ridicules), Perrault met tantôt en scène une vie de cour idéalisée, tantôt des personnages de haut rang caricaturés et risiculisés tel le roi abusé par le marquis de Carabas (Le Chat botté). Mettant en garde contre notre vulnérabilté aux apparences (Les fées, Cendrillon), coquettes et oisives en prennent donc pour leur grade tandis que se dessine l’idée d’un modèle féminin dont la grâce et la beauté n’auraient d’égales que bonté, douceur et modestie (La patience de Griselidis, Cendrillon, Peau d’âne).
Moderniste, Perrault fait aussi dans ses Contes l’éloge de la civilité et d’une noblesse d’esprit qui s’affirment sur la violence et les déviances (Barbe Bleue, Le Petit Poucet, Peau d’âne).

L’on pourrait discourir pendant des heures des apprentissages des Contes de ma mère l’Oie, aux enjeux plus complexes qu’il n’y paraît mais là n’est pas le propos. Je finirai donc simplement en précisant qu’ils s’adressent selon moi plus à l’adulte qu’à l’enfant, si l’on veut profiter pleinement de tous les enseignements de Perrault et du regard qu’il porte sur son temps…

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