Des cornichons au chocolat – Philippe Labro

Cornichons au chocolat

Quatrième de couverture

Stéphanie a 13 ans, un chat confident nommé Garfunkel, du culot, des problèmes – parmi lesquels ses mauvaises notes à la Ferme (le lycée) et la mésentente de ses parents – un goût discutable pour les sandwiches aux cornichons et au chocolat, une vision dérangeante sur les adultes et un style et une verve inimitables…
En 1983, Philippe Labro avait préféré s’effacer derrière ce texte que lui avait inspiré une personne très proche et présenter Des cornichons au chocolat comme le journal d’une jeune écolière, Stéphanie. Mais aujourd’hui pour que les lecteurs comprennent mieux son cheminement romanesque et l’importance de ce texte qui forme avec Manuela et Franz et Clara, une sorte de trilogie féminine sur l’adolescence et la naissance du sentiment amoureux, Philippe Labro a eu à coeur de se dévoiler en ré-éditant ce texte qui lui est si cher.

Mon avis

Des cornichons au chocolat est un ouvrage qui fut, dans les années 1980, présenté par son auteur comme étant le journal intime authentique d’une jeune fille qu’il aurait remanié avant de publier… Ce n’est qu’en 2007 qu’il a révélé que Stéphanie n’avait jamais existé et qu’il était le seul auteur de ce qu’il convient donc d’appeler un roman. Certains pourront regretter le manque de sincérité ayant entouré sa sortie ; pour ma part je pense qu’il est préférable de louer le talent d’un écrivain de presque 50 ans qui a su écrire comme une adolescente de treize ans.

Vous vous en doutez, on plonge dans les états d’âme et les doutes d’une gamine qui perd un peu pied entre ses problèmes avec les copines, le délitemen du mariage de ses parents et ses satanées règles qui n’arrivent toujours pas !
Pour être franche, le premier tiers du roman m’a franchement ennuyée, et ce, principalement parce qu’un roman écrit sous la forme de journal intime c’est du vu et revu et qu’il me faut désormais vraiment un « petit plus » pour retenir mon attention. De plus, l’époque a bien changé et il est difficile de se retrouver en Stéphanie tant ses expressions et ses préoccupations sont en décalage avec le monde d’aujourd’hui… Mes treize ans à moi sont déjà loin et certains de ses petits soucis m’ont semblé bien dérisoires mais j’imagine que faire une montagne d’une taupinière est le propre de l’adolescence !

Ceci dit, le style est vivant, tantôt drôle, tantôt désespéré, et presque malgré moi je me suis attachée à Stéphanie à mesure que son propos prenait de la profondeur. Sa relation avec l’Autre, cloué dans un fauteuil roulant, lui apprend maturité et relativisme tandis que peu à peu elle réalise que la vie est faite de compromis et que rien n’est ni facile, ni juste. Les dernières pages, marquant son entrée dans le monde adulte à différents titres, se révèlent être particulièrement touchantes et apportent une fin logique à l’écriture du « journal ».

Des cornichons au chocolat est une jolie chronique douce-amère, dont l’intensité émotionnelle se laisse délicatement découvrir au fil de la lecture et qui convient parfaitement pour passer un moment agréable et divertissant…

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