No et moi – Delphine de Vigan

No et moi

Quatrième de couverture

Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui me faisait peur.

D.V.

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

Mon avis

Il y a des livres comme ça que j’ai complètement snobbés… No et moi en fait partie et, presque dix ans après sa sortie, je dois être une des rares lectrices à ne le découvrir que maintenant ! Sans doute ne l’aurais-je même pas ouvert s’il n’y avait eu le challenge Le jeu des 7 familles et cette lecture commune avec Yuya46… Il faut dire qu’après une incursion ratée chez Delphine de Vigan avec Rien ne s’oppose à la nuit (abandonné après seulement quelques pages), j’étais un peu sceptique… Craintes bien infondées ! Certes, je n’ai pas eu véritablement de coup de coeur mais ce n’en est pas moins une lecture que j’ai beaucoup appréciée. L’écriture est agréable, fluide et l’histoire suffisamment prenante pour que je l’aie lue en un éclair !

No et moi, c’est d’abord le récit d’une amitié, celle qui unit Lou et No au-delà de leurs différences ; celle qui apportera une once de sécurité à l’une tandis que l’autre y puisera la force de s’affirmer et de prendre confiance en elle ; celle qui sera confrontée à la dûreté de la vie, aussi. No, d’abord objet d’un exposé puis sujet des expériences de notre narratrice, et Lou, bien déterminée à la sauver de la rue, portent réellement ce roman. Par comparaison, les autres personnages semblent franchement ternes et effacés, pour ne pas dire inexistants avec ce leitmotiv de la mère absente, ce qui reste bien sûr dommage.

Mais No et moi, c’est surtout comme donner un coup de pied dans la fourmilière : ça dérange. Ce livre, c’est l’expression de la tendresse et quelque part de la naïveté d’une Lou minuscule face à l’indifférence et au désabusement d’une société qui fait bloc, où personne ne se sent responsable de rien et surtout pas du malheur des autres, où chacun attend qu’un autre agisse à sa place… Le regard parfois gêné, parfois méfiant ou parfois même carrément dégoûté, qui peut prétendre ne jamais l’avoir porté sur un sans-abri ? No nous renvoie finalement à notre propre conscience, en nous rappelant que derrière les piécettes mendiées, l’haleine avinée ou la puanteur des vêtements, existe un être humain.
Delphine de Vigan traite de ce sujet avec pudeur et sensibilité, sans tomber dans le piège du misérabilisme, et nous offre avec son roman une belle bouffée d’espoir et d’optimisme. Parce que, si on avait tous une petite soeur comme Lou, notre monde se porterait drôlement mieux.

Prix du Rotary international 2009 & Prix des libraires 2009

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2 réflexions sur “No et moi – Delphine de Vigan

  1. yuya46 dit :

    Merci de m’avoir proposé cette LC, il était temps que je lise ce roman ^^
    Une belle histoire d’amitié entre Lou et No, même si ce n’est pas un coup de coeur, j’ai trouvé que c’était poignant et touchant !

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